PETIT DICTIONNAIRE DE GABAYE
Par Jean-Paul DOUHAIT

  Dernière mise à jour (minime) 10-02-2012

Ceci n'est qu'une ébauche.  Ce dictionnaire restera en constante évolution et en chantier en attente de mots nouveaux... tant que je serai de ce monde !!!


*=consulter la définition du mot correspondant.
IN MEMORIAM

Ce soir du 23 mars 2010, je viens d'apprendre avec stupeur et une immense tristesse la disparition accidentelle de mon ami Freddy BOSSY  . Certes nous ne nous sommes connus que par mail interposés, mais cela n'empêche pas de fortes relations et une amitié certaine.

Freddy était un érudit, grand spécialiste du gabay et de tous les parlanghes de Gironde, des Charentes et de Saintonge qui s'y rattachent de près ou de loin. Qu'il me pardonne si je donne une définition très approximative de ce sujet, de ses talents et de ses connaissances fort étendues en ce domaine.

Avec Freddy, ce n'est pas une bibliothèque que nous avons perdu, mais une université entière en même temps qu'une partie de notre passé.

J'ai échangé pas mal de mails avec Freddy qui m'avait expliqué l'étymologie de mon nom de famille. Explications passionnantes.

Il m'avait demandé l'autorisation de pouvoir puiser dans mon petit dictionnaire certains éléments qui l'intéressaient. J'avais accepté avec joie, flatté et content d'apporter gracieusement ma pierre à l'oeuvre de cet érudit, passionné de notre passé, ce passé qui fout le camp  tellement vite que je reste le seul dans ma famille à pouvoir encore témoigner d'un mode de vie désormais à tout jamais révolu et de certains évènements  qui me semblent pourtant s'être déroulés hier.

Freddy, je vous dédicace ce petit dictionnaire ô combien incomplet et je ne peux vous dire combien je regrette que vous n'ayez pas pu éditer l'ouvrage que vous veniez de terminer, arrosé deux ou trois gouttes de ma bien modeste contribution.

Freddy, mon amitié et mon souvenir ému vous seront toujours attachés.

Bon voyage Freddy.

PS: quelqu'un pourrait-il me dire ce qu'est devenu le dictionnaire que préparait Freddy avant sa disparition, et qu'il n'a pas eu le temps d'éditer ? James CHAUVEAU semblait avoir des informations à ce sujet. Malheureusement James est disparu lui aussi avant d'avoir pu me passer l'information.

  Pour visualiser nos échanges de mails, Freddy et moi, cliquer ICI



Je ne suis pas spécialiste littéraire du Gabaye. Je l'écoutais, mais je ne le parlais qu'extrêmement peu. En fait je le parlais  seulement avec mes camarades pour plaisanter.
Malgré tout, je désire laisser par écrit à mes enfants les parties de ma vie que je ne peux leur transmettre autrement.
Le Gabaye en fait partie. Je ne peux évidemment pas transcrire l'accent qui en fait une grosse partie des caractéristiques. Je dois dire aussi qu'autant que je m'en souvienne, le Gabaye de la région Libourne, Coutras, le Fieu, Troquereau, Porchères, St Antoine, St Seurin sur l'Isle, Puynormand, St Médard de Guizières et même jusqu'à St Emilion et Lussac dont mon grand oncle Maurice Teynac fut longtemps maire, ce gabaye là n'a pas tout à fait la même tessiture que la Gabaye charentais et saintongeais (« saintonjhais » !!! ) . En particulier concernant le fameux «'h » dans par exemple « monjhette », lesquelles « monjhettes » sont souvent des «monjhettes piattes ».
Dans ma région, c'est plus du « j » que du « jh ». La première fois que j'ai entendu le père d'un de mes copains qui habitait en Charente dans le village de La Tenaille, entre Mirambeau et St Genis de Saintonge, me dire: « T'aime t'i les mong'hettes toi ? Nous on aime les monghettes, on en manghe  tous les jhours des piennes assiettes !!! ». Un accent à couper au couteau, jh'en seu' tombé su' mon darrière !! Je serais bien incapable de reproduire cet accent. N'est-ce pas Roland Bizeau, de la Tenaille, si tu me lis un jour, que ton  père avait un sacré accent !!!

L'accent est très important au Gabaye, et ce n'est malheureusement pas ici que je pourrai le transmettre.

Il me semble aussi au gré de mes lectures, que certains mots et expressions, sont locaux, ultra-locaux, voire même familiaux. Le Gabaye, s'est certainement réinventé et sans cesse transformé, au fur et à mesure de son existence et des migrations familiales au gré des mariages.

Le Gabaye me semble être du français déformé, patché d'expressions et de mots fabriqués sur le terroir. A moins qu'à contrario il n'ait été infiltré par le français. Et je crois que c'est cette seconde hypothèse qui est la bonne. A la lecture de mes échanges avec Freddy Bossy, on verra qu'il vient beaucoup du Latin. Freddy n'a pas cette version, et c'est lui qui a raison. Il faut lire tous ses écrits passionnants. N'oubliez pas de lire également "Quand les Anglais vendangeaient l'Aquitaine" de Jean Marce SOYEZ, absolument passionnant. J'ai trouvé le mien chez Amazon.

Mon père parlait volontiers Gabaye avec ses copains. Et pourtant le Gabaye était interdit à l'école. Moi qui ai passé mon certificat d'études primaires en 19..... 56 me semble-t-il (!!!), il m'est arrivé de voir un copain se prendre une baffe monumentale par notre instituteur de l'école primaire de Troquereau parce qu'en classe il prononçait un mot de Gabaye !!!! Pourtant Rolland FARGES a laissé dans l'esprit de ses élèves l'empreinte indélébile de l'esprit d'un brave et talentueux instituteur.

Gardons également en tête, que le gabayeux est du sud-ouest et la mauvaise humeur n'est pas souvent de mise. Il fait preuve de beaucoup  d'humour et de nombreux mots gabay sont à double sens

Il y a forcément dans mon dictionnaire des fautes, des expressions mal formulées ou améliorables. Ca serait sympa de me passer un mail pour suggérer une correction, voir une expression plus représentative. Les noms des correcteurs seront notés si vous le désirez.

A ceux qui ont déjà fait des sites en Gabaye, je propose que nous mettions chacun chez soi un fil en direction des autres. Il sera ainsi possible de former un noyau fort intéressant.

Me contacter sur l'adresse mail : « cassidile-cascus  arobase yahoo point fr »  (cette façon d'afficher est volontaire pour éviter le pillage d'adresses mail par des automates dans le but de s'en resservir ensuite à des fins souvent malhonnêtes, en tout cas pour des spams envahissants et fort désagréables).


Quelques sites consacrés au Gabaye

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pays_Gabay

James CHAUVEAU:
http://monpatoislegabaye.blogspot.com/
http://james.chauveau.free.fr/gabaye/crbst_1.html
http://james.chauveau.free.fr/gabaille/gabaye.pdf
En ce mois de décembre 2011, je viens d'apprendre la disparition de James CHAUVEAU. Nos rangs s'éclaircissent dramatiquement.

Videos:http://www.google.com/webhp?hl=fr#q=gabaye&hl=fr&lr=&source=univ&tbs=vid:1&tbo=u&ei=HYLbS--YB5T20gTRqtnDBw&sa=X&oi=video_result_group&ct=title&resnum=4&ved=0CCEQqwQwAw&fp=784418a0041db2
http://tele-gabaye.blog-video.tv/
http://www.cdc-saintsavin.fr/index.php/content/view/777/844/
http://www.cc-estuaire.fr/cce_ot/fr/index.php/content/view/60/104/

Un site délicieux:
http://topvaness.unblog.fr/
http://marieursy.over-blog.com/article-le-pays-gabaye-ole-chez-moe--43162753.html

Tony MARTIN
http://www.facebook.com/group.php?v=wall&gid=19911073163
http://monpatoislegabaye.blogspot.com/2009/01/article-sud-ouest-du-22-novembre.html
Tony MARTIN, nous ne connaissons pas, j'aimerais vous joindre mais je ne sais pas comment. Pourriez vous me passer un mail ?


Auteur original : Jean-Paul DOUHAIT.
Un grand merci aux autres participants qui ont apporté des mots ou des précisions. Ils sont identifiés par la couleur du texte:
Laurent DAPOIGNY : originaire du PIZOU (24) (textes en rouge).
Pascal SAUVÊTRE : St MÉDARD De Guizières (textes en bleu).


Le lecteur voudra bien m'épargner ses reproches concernant quelques fautes d'orthographe qui m'auraient échappé mais aussi m'absoudre de pas mal d'erreurs et imprécisions.
Il voudra bien, également, patienter en ce qui concerne les définitions de mots pour lesquelles je n'ai pas encore eu d'inspiration !!!!
Il gagnera la célébrité et des bons points pour une place au paradis Gabaï (100  bons points = 1 strapontin ) en me communiquant mots et expressions ne figurant pas encore dans mon  dictionnaire. Il évitera de ricaner pour les mots que j'ai mal expliqués et mal définis et il en profitera pour me signaler la définition qui est, selon lui, meilleure que la mienne.

Enfin, il notera que je recherche des photos d'instruments agricoles anciens.
On peut me transmettre ces photos en pièce jointe à l'adresse cassidile-cascus  at  yahoo point fr, ou me contacter ICI
Si ce sont des photos argentiques, je peux les scanner et les retourner à leur propriétaire. Merci de me passer un message afin que je communique mon adresse.


A

Abbattis :  (n.m.p.) toujours employé au pluriel. Le poulet que l'on vient de saigner « fait ses abattis » en battant des ailes. On dit aussi « faire ses bataillons* ».  Sens figuré : « Rentre (ou range) tes abattis », me disait ma mère quand je me tenais à table coudes écartés.
Accacher : (v.)  appuyer, tasser avec force en utilisant le poids du corps.« Accache donc l'foin mieux qu'ça su'l'devant d'la charrette, pasque coum o'lé parti (de la manière que tu fais), jh'aurons même pas d'quoué douner à manger à nout'boeu' (parce que tout sera tombé par terre !!!)» .
Aiguille:  (n.f.s) l'aiguille de la charrette est son timon. L'extrémité de l'aiguille de la charrette vient se glisser dans l'anneau métallique du joug et est bloqué par la "cheville" métallique qui s'insère dans un trou pratiqué dans l'extrémité de l'aiguille.
Une petite histoire: C'est la Fernande qui va se plaindre aux gendarmes que le Louis l'a violée. Les gendarmes viennent chez la Fernande.
- Bon, ça c'est passé où ?
- Eh bééé... itïi... dans la grange, su' la charrette....
- Comment ça sur la charrette, mais elle est chargée de foin....
- Hé béééé... oui, mais j'm'seu aéllongée su' l'aiguille !!!!
Aillan: (n.m.s.) Le gland. « A'neu j'hallons ramasser les aillans peur les gorets ». En effet, les cochons aimaient les glands. Mais quelle corvée pour cueillir des sacs de glands un par un !!!
Aisine: (f.s)  la propriété, une surface de propriété d'un seul tenant. Dans un acte de partage datant de 1920, le notaire de Saint-Médard-de-Guizières énumère : « Une chambre d'habitation avec grenier..., toits à porcs..., aisines au midi et au nord... »
Ambounille : (n.f.s) le nombril.« T'iélé jheunes,y's'habillant d'même qu'on leu z'y voit l'ambounille...Y'd'vant avouèr fret*».
Ajasse: (n.f.s)  (ou ajhasse) (f.s) La pie.
A'neu : aujourd'ui,  la neu:la nuit, mineu: minuit. « A'neu » désigne la journée. « J'havons beun travaillé a'neu »: on a bien travaillé aujourd'hui. « O'la fait une' orage tiet neu »: il a fait orage cette nuit.....faut être gabayeux pour faire la différence !
Araud : (n.m.s) instrument agricole à un soc et une ou deux poignées, guidé par le laboureur et tiré par un cheval, un boeuf ou une vache de travail. Certaine vaches étaient effectivement taillée physiquement pour le travail de force. (du latin « ara », la charrue; voir nos instruments aratoires)
Araignée : (n.f.s) l'araignée était, et est certainement toujours, le filet de pêche rond, avec des plombs à la circonférence et un lacet au milieu du cercle. Le pêcheur lançait l'araignée de telle façon à le faire retomber dans l'eau en formant le cercle. Les plombs l'entraînent au fond et font ainsi les poissons prisonniers. Le pêcheur tient l'araignée par la corde centrale. Lorsqu'il retire l'engin, les plombs se rapprochent gardant les poissons toujours prisonniers. Je me rappelle avoir vu mon père lancer l'araignée devant les poutrelles du canal de Camps et ne pas pouvoir la retirer. Ils ont dû se mettre à deux pour pour la remonter. Il y avait presque un sac de blé de poissons prisonniers (gardons, mulards). Mais il ne s'agissait que de consommation familiale et du voisinage, et dans ce cas, il n'y avait jamais un second jet d'araignée.
Arène : (n.f.s.) du sable . Mot venu en droite ligne du latin « arena », couramment utilisé en ancien français, mais remplacé par le mot « sable ».  L' espagnol  et l' italien ont conservé le mot latin. Je suppose que de là vient le nom d'une arène de jeux.
Arrié ! : (interjection) ordre donné aux boeufs par le conducteur de l'attelage pour faire reculer son attelage, soit en leur appuyant sur le nez ou le front la partie longue de l'aiguillon, soit en tirant sur les guides (enroulées autour des oreilles), alors que lui même tire en arrière l'araud* ou la décavaillonneuse*.
Ast'our : maintenant,à cette heure (à c't'heure). « A'stour olé d'même » : maintenant, actuellement, c'est comme ça.
S'avancer : (v.)  rendre visite. « Avancez-vous, un de ces jours, vous goutterez ma liqueur de cassis. »

B
Babouin : (n.m.s.)  un épouvantail fait de morceaux de bois, de paille et de vieux habits, destiné à épouvanter les oiseaux dans les champs de blé, les arbres fruitiers, etc... « O va fallouèr qu'jh'allions mèt'un babaouin dans tieu c'risier avant qu'les étourneaux y bouffant tout'les c'rises ! ».
Le mot est aussi utilisé à d'autres fins humoristiques : «  De diou, la mère Machin, avec tout tiel crème qu'é s'fou su' la guoule, o'lé un vrai babouin... » !!!!!
Bader : (v) pleurer, bader du bec. Rappelons nous Badebec...... (Je l'emploie dans un autre sens, sans doute pas orthodoxe : « je bade la fille du facteur » = je reste admiratif, (donc bouche bée), devant elle...)
Baquer : (v) l'action du cochon qui mange dans son auge. Verbe qui peut lui aussi se prêter à d'autres imageries:« T'as t'y pas fini d'baquer coum un goret dans t'oun assiette ?»
Baret ou baré: (n.m.s.) le béret, indispensable compagnon du paysan. « Doun ' meu don' mon baré que j'va avouèr fré' ».
Bassiner : (v) ennuyer, excéder, déplaire, mécontenter, barber, enerver,   « i'c'mençant à m'bassiner avec leu' z'histouères... ».
Ballots : (n.m.p.) les lèvres:« à clape des ballots coume une vieille jument qu'mangiant d'lavouène » .
Bataillons : toujours employé au pluriel. Faire ses bataillons. Voir aussi "faire ses abattis*".
Bayard : (n.m.s.)  ustensile agricole en forme d'échelle en bois très courte, avec 2 poignée à chaque bout. Le bayard servait à porter le regain sur une pente ne permettant pas l'usage d'une charrette.
Beu' : (n.m.) le boeuf. Les boeufs avaient souvent pour nom selon leur couleur le « rouillé », le « blanchet », etc...
Béco : (adv.)  (orthographe incertaine). beaucoup « Jhen avons pas oyu bêco, du foin tiét'année ».
Beun'aize: Beun' : bien. "o'lé beun coum' cela". Beun'aise: à l'aise, bien, heureux ou heureuse. "Ah que j'somm' beun'aise après qu'j'ayons mangé tieu civet d'lièvre !!!".
Beurgaud, burgaud:   (m.s.) le frelon jaune. Quand j'étais gamin, on s'attaquait bien aux nids de guêpes, avec quelques fois des dégâts !!! Mais on ne s'attaquait pas aux nids de beurgauds !!! Trop méchantes ces bestioles !!!!
Beurnée : (f.s.) « j'va dounner la beurnée où cochons ». La beurnée des cochons est la nourriture qu'on leur donne, grossièrement écrasée (pommes de terre, betteraves bouillies,son, choux, etc...).« Tié'lé fi'd'garce d'cochons y criant et y's'battant coum des fous chaque foué que j'leur apportons la beurnée dans leu'baquet ».
La beurnée comme beaucoup d'autre choses donne lieu à des plaisanteries:"...alors,tu vas t'y finir ta beurnée !!!" , "La mère Machin,o'l'est pas d'la soupe qu'à fait, o'l'est dl'a beurnée !!!"
Bigassou : (m.s.) Le bigassou est une binette à deux dents qui sert à sarcler.
Bigot: (n.m.s.) outil agricole qui sert soit au jardin soit pour "tirer les cavaillons*" (déchausser la vigne).
Bisse :  ( f.s.) le rouge gorge. Les enfants chassaient beacoup la bisse avec leur "fronde" (lance pierre). Heureusement, il y avait bien peu de victimes malgré l'acharnement contre la pauvre bisse si sympathique !!!!
Boune ou Boun': (adj.)  bonne. « Un'boune femme , un'boun'année ».
Bourde: (f.s.) la cale faite d'un gros  bâton de bois placé à l'avant et à l'arrière sous la charrette. Lorsque la charrette est dételée, on descend les bourdes pour la maintenir à l'horizontale. On appelle ceci « bourder ». Pour que la charrette ne bouge pas, il faut aussi caler les roues. Pour rouler, les bourdes sont relevées et attachées à l'horizontale sous la charrette avec du fil de fer ou une chaînette.
BOURRER : (v) cogner, se cogner à : "i' y'a bourré d'dans, i' y'a ébouillé un' roue". "i' y'en a foutu un'bourrée, j'te dis qu'ça ...".
Bouillée : (f.s.)une bouillée d'fragne*. Une touffe de pousses, même de petits troncs d'arbres. « Une bouillée d'vîmes* ». « Une bouillée de châtaigniers qui servira à fabriquer des carassonnes. »
Bouais : (m.s.) bouê, bois. « A'neu jh'allons faire d'ou bouais pour tiel hiver ». "Faire du bois" : couper du bois.
Bourgne : (f.s.) « eun'bourgne o'lé eun' nasse en treillage* peur' attraper d' z'anguilles ( prononcer anguiles) , des calicobats*,des gardons ». Si vou z'autres aviant pas compris qu'et'qu'olé eun'bourgne, j'vous z'y dirant la prouchaine foué !!!
Boudiou : « Boudiou, ce chien qu'il est maigre, si on lui coupait la tête et la queue ça ferait un banc ! » Exclamation populaire dont la logique n'est pas évidente, mais bon...
Bouillasse : (f.) la boue.« Arreut'donc d'tapisser dans la bouillasse,corniaud d'drôle...»
Bouillasser :  (v.) rien à voir avec la bouillasse ! Quoique.... Faire bouillasser: faire beaucoup bouillir,voir trop boullir. Voir aussi Gargotter*.
Bourriche : (f.s) nasse en vîme* destinée à pêcher les « anguiles ».
Bourrier: (m.) décharge publique. Peut devenir adjectif pour désigner tout ce qui est bon pour la décharge: « O'lé un vrai bourrier t'eu machin... ». Une voiture en mazuvais état peut être qualifiée de "bourrier" ! "Mais i' z'ou cré qu'i va z'ou vendre tieu bourrier d'bagnole".
Bourru : le premier jus de raisin après fermentation ou même quand celle-ci n'est pas encore terminée. Stade intermédiaire entre le moût (très sucré mais qui « fait aller »), et le vin nouveau. Il convient d'avaler ce rude breuvage avec le sourire et ne pas lésiner ensuite sur les compliments...
Bourse : (f.) « tielle boune femme o'l'est une vieille bourse » (une vieille folle,emmerdeuse, peu conviviale,etc...)
Bouillard : (m.) un gros orage de pluie.« Jh'avons ramassé un d'tiéllé bouillard. Su' l'dos ..... et après o'létait d'la gueurnisse*...».
Bouzi :  (m.) ver de terre ou de fumier pour pêcher le calicobat*.Les meilleurs bouzis se ramassent dans le fumier de vache bien fermenté d'oû se dégage une délicieuse odeur !!!
Brancholler : (v.) se balancer (comme sur une branche). « continue don'd'te brancholler su'ta chaise si tu veux l'ébouiller*!!!».
Brandeau :  (m.) la Gironde est le pays des champignons. On y déguste les ceps cuits sur les braises de sarments de vinge. Un pur régal. Mais il y a aussi le « brandeau » qui, s'il n'a pas la saveur du cep est tout de même délicieux. Je ne connais pas le nom français du brandeau.
Bredouille : On revient bredouille de la chasse quand on ne rapporte pas le moindre gibier dans sa carnassière.

C

Cabosse : (féminin) « eun'cabosse d'maïs ».L'épi de maïs entier avec les grains. Au milieu,c'est le coûton*.
Cabot : le chevesne (poisson). Dans le ruisseau Le Courbarieu qui passait juste en dessous de chez moi, mon père pêchait le cabot à la mouche.
Cabourne : la cabourne est la cavité dans l'écorce d'un arbre creux. Y'a souvent des cabournes dans les pieds de fragnes* ou les pieds de châgnes* !!!
Il fallait s'y attendre, la cabourne a engendré des histoires bien grasses et lourdes qu'on raconte pendant les repas de mariages:
- ah, mon drôle, tu vas te marier avec la Pétronille, j'va t'apprendre qu'ét'quo'llé une femme, coument o'lé qu'o faut s'y prendre. Viens aveuc moué dans l'aisine, j'vas t'apprend' su' un châgne cabourne.
Passons les détails de l'apprentissage laissés à l'imagination débordante  (et généralement salace !!! ) du conteur.
Le soir du mariage, les mariés regagnent leur chambre. Le marié ouvre la fenêtre pour fermer les volets, perd l'équilibre et tombe dans le tas de fumier sous les fenêtres. Le père, l'oreille collée à la porte, attend la suite des évènements mais n'imagine pas que son fils est passé par la fenêtre. Le fils, désemparé d'être tombé dans la bouse de vache se met à hurler:
- De diou, ch's'eu dans la merde !!!!
C'est alors que le vieux qui n'a pas tout compris lui crie:
- change don' d'couté* mon drôle, change de coûté !!!
Cagnot : (masculin) le chien. « T'eu cagnot y tourne dépeu' à matin dans nout' aisine, o'deu bien y'avouèr qu'oque part eun' cagnotte qu'il a siné. ». (du latin canem; et peut-être de l'occitan cagnot : petit chien.)
Cagouille : escargot. « Il pleut, il mouille, c'est la fête à la cagouille. »
Caguer : déféquer, pour parler poliment.
Cailler : pas du tout le même sens qu'en français familier (avoir froid ou faire froid), mais une attitude qui, curieusement, est une conséquence du froid. « Regarde le chat, qui vient du dehors : il caille. » (= il se pelotonne, il se ramasse sur lui-même, il gonfle ses poils).
Calicobat : perche soleil aussi nommé calicot bass. Joli petit poisson multicolore toujours affamé, régal de pêche pour les enfants. «Tiélé calicobats, quan't'y voyant un bouzi* y sautant 'd'ssus.».
Dans mon ruisseau le Courbarieu, avant le petit pont qui lui donne accès à la rivière l'Isle,  le calicobat faisait son nid en dégageant avec sa queue une petite surface de sable clair dans un endroit peu profond, quelque fois quelques centimètres d'eau seulement. Il y couve les oeufs de la femelle. Dans chaque nid se tenait un calicobat. Il y restait tant que je ne leur avais pas présenté un bouzi !!! Particulièrement vorace le calicobat adore les bouzis ! Mais lorsqu'on le rate, il a une bonne mémoire et un sale caractère ! Si on lui remet un bouzi devant le bec, il se détourne dédaigneusement et présente la queue ! Je n'appréciais pas du tout ce manque de savoir vivre, et ça se terminait souvent par un violent coup d'aviron rageur de la barque de mon père. Mais en général, je tapais à côté et le calicot se sauvait à toutes nageoires !!! Pire,au bout de quelques séances de ce genre,il changeait d'habitat !!!! C'est ainsi que j'ai nettoyé le Courbarieu de tous ses calicobats complètement découragés par mon mauvais accueil ou victime de mes bouzis dans lesquels se cachait évidemment un traître et mortel hameçon !
Mon premier poisson, un jour de début juillet, fut un calicobat !!! Tout fier,je suis allé le montrer à mes parents qui fanaient le foin dans le pré d'à côté. Je n'ai pas apprécié les doutes de mon père: « Ca doit en être un qui voulait se suicider...» !!!!
Canevelle : le bambou. Une «bouillée* de canevelles» !! (Quand j'étais drôle, j'allais pêcher avec une canevelle. Du latin canna = roseau. Voir aussi Cap Canaveral (+ tilde sur le n) , lieu envahi par les roseaux, en Espagnol.)
Carassonne: une carassonne ou un carasson. Piquet de bois destiné à recevoir les fils de soutien de la vigne. L'appellation « piquet » est réservée aux clôtures pour les animaux.
Carouille : le fusil. « Les drôles, si vous continuez à m'bouffer mes c'rises, j'va sortir mon carrouille ».
Caro : je ne sais comment orthographier ce terme. Mot généralement employé adossé à l'adjectif « vieux »: « Tieu vieux caro, é'donne pu d'lait, é' fait qu'lever l'cul !!! », cas d'une vache qui, si elle ne rectifie pas rapidement son comportement vadrouilleur pourrait bien être tranformée en bifteacks ou en bouillis !!! Quand le bifteck était trop dur, « Le boucher m'a encore vendu de la vieille carne » disait ma grand-mère. Caro et Carne ont-ils la même origine ?
Casse :  la casse est un plat souvent en terre cuite vernie, destiné à faire rôtir le lapin au four de la cuisinière à bois. La casse peut aussi être disposée sous la rôtissoire installée dans la cheminée afin de recueillir le jus de cuisson du lapin ou du canard à la broche.
Cassereau: débris de tuile ou de vaisselle destinés a combler des trous ou une tranchée.
Cavaillon : la charrue ramène la terre sur les pieds de vigne pour les protéger du froid ou de la sécheresse. Cette levée de terre s'appelle le cavaillon. Pour enlever ce cavaillon, on utilise une (charrue) décavaillonneuse. Le fond du cavaillon est la "rège*". Lorsqu'on a "décavailloné", il n'y a plus de rège.
Ce dit : la langue littéraire utilise dans le dialogue la proposition « dit-il » ou « dit-elle ». Quand dans la conversation on rapporte les paroles de quelqu'un, on précise « ce dit ». « J'ai demandé à Marcel s'il voulait venir se baigner avec nous. – Oh non !  en sortant de l'eau, avec ce petit vent, ce dit, on a vite fait d'attraper une flexion de poitrine ! »
Cendrille : la bergeronnette qui est de couleur cendre.
Chabaneau: le chabaneau ou chabanais est une sorte de grange généralement située en hauteur au dessus d'une partie inférieure destinée au rangement d'outils agricoles.
Chabrol : faire chabrol ou chabrot. Le chabrot est un régal....pour qui l'apprécie. Et une horreur pour les autres !!! Il consiste à laisser une demie louche de soupe ou de vermicelle dans l'assiette creuse et y verser un verre de vin rouge, puis mélanger le tout à la cuillère. Le potage encore chaud dope le fumet du vin, c'est absolument délicieux. Jusqu'à mes cinquante ans,je n'ai jamais pu avaler ça !!! Et brusquement je m'y suis mis. C'est véritablement un régal. C'est encore meilleur quand on le boit goulument à l'assiette en faisant slurp,slurp !!! Essayez,vous verrez !!!
Chafre : surnom. Autrefois, chaque gamin du village se voyait attribuer un chafre par les autres gamins. Ce surnom pouvait être conservé toute une vie. « Oh! Frise-à-plat, t'as pas vu Cacou ? »
Chafrouiller (voir aussi fourgasser*): fouiller maladroitement,trop curieusement,en mettant le désordre. « Qu'é'tout qu'tu fais à chafrouiller (ou à fourgasser*) dans tielle armouère ?»
Chafoin: le chafoin est le surnom du putois. « Avouèr une air chafoin »: un air coquin. Expression plutôt gentille
Châgne : le chêne.« A'matin,jh'allons coper tielle jharouille* de châgne !» « Lou casse » en occitan. Doù le nom de famille Ducasse.  Voir Monte Cassino en Italie
Châper : avoir la langue pâteuse,qui accroche,après avoir mangé «qu'oqu'chouse d'âpre»,« tiel artichaud m'fait châper d'la goule » (((PS)).
Chapia: chapeau.
Charpir : se dit du chat qui se fait les griffes sur un coussin ou sur un lainage. Vient certainement du mot « charpie ».
Charretout : petite charrette à bras.
Chéti' : ou chétif : maigre ou en mauvaise santé. « Est'y chéti'  ou chéti) tieu pauv'drôle... »
Cheun : le chien. « T'eu cheun, y veux encore m'bouffer mes poules ».
Chenasse: un mauvais « cheun* » !!! « Tiel ch'nasse d'la mère Richard, j'vais y foutre un co'p d'fusil s'y vient encore it'yi ». Voir aussi « cagnot ».
Chez Untel : désigne à la fois la propiété d'Untel, et les membres de la famille d'Untel. « Chez Verduzier sont partis à la foire. » « Dis-moi, mon drôle, chez toi y sont ? » Un coup d'oeil sur la carte Michelin nous fait même trouver des lieux-dits : « Chez Mousset, Chez Lavaud... » vers La Roche-Chalais.
Chien : ou "cheun" radin. Donc un mot à double sens. « Il est chien, y' donnerait pas un sou à tieu pauv' ».
Chnouf : « allez, à chnouf » disait ma mère à la fin de la veillée devant la flambée de bûches dans la cheminée. Ça voulait dire : « Allez, au lit » ! Je suis bien incapable de dire l'origine de cette expression.
Chope : (adjectif) . A ma connaissance s'applique uniquement à la poire. Une poire chope est une poire sûre, tout près du début de la décomposition.
Chougner:  aussi « chougnasser ». Se plaindre ou chercher à se faire plaindre. Généralement une critique. « Y chougne tout' la journée, jhavons out' chouz' à faire qu'dl'écouter piailler *".
Chouane : le chouanne est un croissant (pâtisserie). « Tiens mon drôle, coum' t'as bien travaillé, j'vais t'acheter un chouane ».
Expression dérivée: « rigoler coum ' un chouane », c'est à dire avec la bouche en forme de croissant. L'idée sous-entendue dans cette expression est « rigoler un peu (ou beaucoup) bêtement » !!!
Chucroler, cruchtoler : boire allègrement, un peu trop.
Cingle : le cingle est une grosse couleuvre. Se rappeler du « cingle de Trémolat » ou le cours d''eau la Dordogne se promène en boucles paresseuses qui rappellent celles d'un cingle. Il existe de très gros cingles. Quand j'allais à la pêche l'été les jours de grande chaleur, au bord de l'Isle en bas de Frouin, au bas du côteau à pic, on entendait les cingles glisser dans les broussailles. S'il est très impressionnant, il n'est absolument pas dangereux.
Un jour des fauches dans la prairie, j'ai vu un cingle avaler un crapeau. Le sang du crapeau dégoulinait de la bouche du cingle. J'ai été très impressionné, j'ai eu une peur mémorable et me suis sauvé à toutes jambes. Lorsque je suis revenu quelques minutes plus tard en compagnie de mon père, le cingle n'était plus là.
Cigougner: scier salement, sans précautions et/ou nerveusement. Idée de saloper le travail.
Chu : participe passé du verbe « choir ». « Quoi qu'elle a, la Marie qu'a crie ? – Elle a qu'elle a chu l'cul dans l'z'épines. »
Clabot :  un oeuf clabot est un oeuf pourri. On reconnaît un oeuf clabot en le secouant à côté de l'oreille, il fait « cloc cloc » !!! Un oeuf clabot écrasé pue comme le diable !! Pour éviter par exemple une prolifération de tourterelles de compagnie, on remplaçait leurs oeufs fécondables par des oeufs clabots.
Clumer: dans le jeu de la cachette, celui qui « clume » est celui qui se bouche les yeux la tête appuyée contre le mur ou contre un arbre et qui compte jusqu'à dix pendant que les autres se cachent.
Clouque :  la grosse mère poule entourée de sa marmaille de poussins. Par dérision, on dit d'une grand-mère qui garde ses petits-enfants qu'elle clouque...
Co':  « des co' »: des fois.  « Un' co' »: une fois, un coup. Inutile de dire qu' "un co' " peut aussi avoir une signification gaillarde: « tielle fumelle, à'la un beau r'meuil, j'y mettrais bien un co' » !!!!! Mot peut-être hérité du gascon; les histoires landaises commençaient par l'invariable « Qu'i awè un cop... » correspondant à notre « Il était une fois. »
Couasse : une poule « couasse ». La honte des poules et le désespoir de la fermière ! La poule couasse est une poule qui reste très longtemps sur le nid. Soit le coq ne l'honore plus (ça peut arriver hein !) et ses oeufs n'écloront pas. Il se peut aussi qu'elle ait passé l'âge de la ménopause et ne ponde plus mais s'imagine tout de mêrme avoir pondu. Une grossesse imaginaire en quelque sorte !!! Elle couve conscienscieusement et très longtemps ses oeufs imaginaires ou réels mais improductifs. Puis ses oeufs donnent naissance à des poussins virtuels qu'elle promène en se préoccupant bruyamment de leur sécurité et ramenant énergiquement sous sa surveillance les égarés: « Cot cot cot cot !!!». C'est là qu'intervient le destin. En général elle est très rapidement reconvertie en poule au pot !!! « Tièl poule couasse jhallons la manger dimanche ».Comme quoi, les maladies mentales et les fantasmes, les névroses, ça n'existe pas que chez les humains.
On pourrait s'en douter en pays gabaye, le terme « couasse » donne lieu à un qualificatif adjacent adressé à une voisine qu'on n'aime pas trop: « Tielle là, o'lé une vieille couasse ». Mais alors le mot prend une toute autre signification, celle d'emmerdeuse, de vieille « bourse » !!!

Coudier : corne de vache ou de bœuf évidée que le faucheur au dail* ou au daillot* suspend à sa ceinture à l'aide d'un crochet métallique fixé à l'aide de rivets, de vis, voir de fil de fer. Il remplit le coudier d'eau et y met la pierre à aiguiser (on prononce aigüiser) le dail*.
Couer : couver.« Alors,combien t'en as t'y mis à couer tièt'foué ?». Rappelons nous la « poule couasse* ».
Couillon ! : Ce n'est pas une injure envoyée à son interlocuteur, mais une simple interjection, une sorte de point d'exclamation sonore. « Si je t'ai pas ramené de salade, c'est que, couillon ! elles étaient toutes montées ! »
Couniller : travailler mal, sans soin, ne pas se presser, glander.« Si tu continues à couniller  d'même, olé pas d'main qu'jallons finir d'coper tielle jhaugue*...»
Coutais:  couteau. La grosse blague du paysan dansant au bal, qui s'adresse à sa cavalière: « Tu z'y sent'y mon coutais dans ma poche ? ».... « Oh oui !!! ».... « Ah, bé, o'lé raide, mais o'lé point mon coutais !!! »....
COUTÉ :   côté . Côté droit, côté gauche, etc... "Vin don' d'tieu coûté, t'verras qu'o' l'ira mieux..."
Coûton : « le coûton, o'lé l'reste d'la cabosse de maïs quand j'l'avons égeurnée su la quoue dl'a poéle » pendant les veillées d'hiver devant la cheminée ou flambe une bûche. « O'l'est l'morciau qu'est ou mitant d'la cabosse*». Il y a aussi les « coûtons » de blé: la partie de la tige qui reste au-dessus de la terre après la moisson.
Coper : couper. « Quand sa fumelle (sa femme !!!)y'a foutu une baffe su'la goule,o'z'y a copé la parole !!». « Jh'avons copé tielle j'harouille ».
Crère:  croire. « y cré qu'y va m'faire crère qu'sa vache é' doune 30 litres peur jour.... pouv'corniaud !!! »
Croquenauds : ou croquenots. Des gros souliers en cuir. Dans ma jeunesse je portais toujours des croquenots pour aller à l'école à Porchère. Ca permettait de patauger dans la bouillasse*!!! Et de jouer au foot l'hiver avec les glaçons qu'on descendait chercher dans les fossés sur la route de Coutras.
Cul :  (adj.) maladroit. "T'eu cul d'bounomme y m'a dit de passer l'vouèr a'neu et i l'est pas là. J'seu v'nu peur reun...". "Mais qu'té cul alors, t'peux pas z'ou faire auteur'ment ?"

D

Dail : la faux du faucheur. Le « daillot » est un petit dail. (Plus court qu'une faux, mais plus épais, pratique pour couper des ronces, par exemple; les cantonniers utilisaient le daillot et laissaient le dail aux feneurs, ou faneurs).
Darrière:  Derrière. « Va don' vèr' darrière si o'ya pas quo'chouse qu'empêchant nout boeu' de r'culer ».."J'm'en va y botter l'darrière à c'corniaud..."
Débaucher : quitter le travail. « Le samedi  j'embauche à six heures du matin et je débauche à midi. »
Décavaillonner :  enlever les cavaillons*. On dit aussi déchausser la vigne. On allait "décavaillonner" ou "déchausser". Cette opération s'effectuait à cette époque soit avec un "bigot"* (bonjour les maux de reins), soit avec une décavaillonneuse, sorte d'araud   (petite charrue monosoc tirée par un cheval ou un boeuf). La décavailloneuse était guidée à la main et il pouvait arriver qu'elle coupe un cep de vigne. Ça ne constituait pas un bon point pour celui qui opérait.
Démangourlé:   en mauvais état, qui a pris du jeu. « Tielle chaise à l'est toute démangourlée ». Mais elle peut être réparée. Si elle était « ébouillée* », elle ne serait pas réparable et bonne pour le « bourrier* ».
Devanteau : tablier. « Musse* ton devanteau pour pas te tâcher »
Déversoir:   le barrage sur la rivière ou l'eau passe par dessus, donc se déverse dans le bief suivant.
Dône : dône ou daune : fille, dans l'expression  'Ma fille ' : « ma pouv'dône, o'lé par d'sère qu'jhallons z'ou finir tieu travail ».
Drôle: drôle est l'équivalent masculin de la « dône » , bien qu'il y ait aussi  des  « drôlesses » !! La drôlesse est généralement une « dône » plutôt dissipée et quelquefois en avance sur son âge. A moins que, à contrario, elle soit un peu retardée mentale !!! Question de contexte.
« Mon pouv'drôle, mais qu'es' tout qu'jh'allons faire de toué dans la vie ? ». En fait le drôle et la drôlesse ont plutôt trait au sexe de la personne, comme on dirait aujourd'ui un mec ou une nana. Au Pizou, un drôle était un garçon, sans aucune part péjorative
Dret: droit. « O'lé dret coum' mon bras quand y's'mouche ! » « Dret coum' une banane ! »
Douil: (masculin). Le douil est la futaille en bois, légèrement conique, ouverte sur le haut, destinée à être posée sur la charrette pour y vider, pendant les vendanges, les hottes pleine de raisins que le porteurs viennent y déverser. Hors saison de vendange, les douils sont mis à l'abri, posé à l'envers la gueule en bas, sous un hangar frais et ventilé afin qu'ils ne se dessèchent pas trop. Ce qui a abouti à des réflexions à l'intention des enfants difficiles, du genre: « Tu veux pas manger ma cuisine ? T'as pas  faim ? Quinze jours sous un douil tu verrais qu'tu z'ou trouverais bon !!! ».
D'sère : ce soir. « O va faire frét*d'sère ». Variante occitane : sey. « Boun sey » = Bon soir.

E

Ebouiller : démolir. « C'tro'* d'drôle, à force d's'brancholler* su'sa chaise, y'l'a fini par l'ébouiller* ». « Y m'a ébouillé l'aile de ma 4 L ! »
Emmenchailles : pièces emmanchées l'une dans l'autre , mais il y a une idée de désordre, de pas solide, de mal fichu.
Il y a aussi avec ce mot des signification adjacentes: « Tielle affaire, o'm'doun' pas confiance. J'va pas signer, o'lé des emmanchailles que j'comprend point ».
Elèves : les petits animaux domestiques qu'on prend plaisir à élever; surtout des chiots et des chatons. « Finissez de vous avancer, je vais vous montrer mes élèves. »
Enferges : des menottes en fer pour entraver les pattes avant des vaches quand elles « lèvent le cul* », afin qu'elles ne puissent pas galoper ou sauter par dessus les clôtures. Pour compléter les enferges, il y a le « talbot »*. Mais certaines vaches, même avec enferges et talbot réussissaient à sauter par dessus les barbelés pour aller dans le champ de maïs !!! Et quand on était tous à la pêche ou en train de se baigner « au gravier » au lieu de surveiller les vaches, le soir, il y avait des coups de pieds au cul qui ne rataient pas leurs destinataires !!!!!
Eplir:  naître, pour des poussins, des petits canards, tout ce qui est ovidés. « T'elle poule couasse*, é'cré qu'o va bientôt éplir !!! » ou « jh'en avons six qu'avant épli ».
Eronde : une ronce."Nom de diou, tu vas aller m'coper tielle bouillée*d'érondes bourrues, a'matin j'me suis foutu la guoule dedans".
Aller aux écoles (ou escoles, ou eycoles) : faire des études. « Oh ! Crabotte, il est pas sot, d'ailleurs il est allé aux escoles. »
Espérer : Attendre, comme « esperar » en espagnol. « Espère-moi ici, je reviens de suite ».
Estourbir: assomer. Estourbir le lapin avant de le saigner.

F

Façons : dans sa petite exploitation de polyculture, le paysan du XX° siècle traite ses parcelles de vignes de la même manière que ses ancêtres le faisaient aux XII° et XIII° siècles. Qu'on se reporte au livre « Quand les Anglais vendangeaient l'Aquitaine », pages 97 / 98 ; l'auteur Jean-Marc Soyez écrit : «  La vigne est maintenant labourée quatre fois l'an, en janvier, en mai, juin et octobre.... Les souches sont soigneusement détourées à la bêche, deux fois. » De nos jours, on n'utilise plus la bêche, mais une charrue spéciale avec un guidage pour éviter de blesser les pieds de vigne. Ces quatre labours sont appelés « les quatre façons ». (voir le mot « cavaillon ») (voir autre signification: faire à façon à venir)
Faire : jouer. On ne joue pas à la pétanque, on « fait »  à la pétanque. Et que les pieds ne sortent pas du rond, sinon on s'entend dire : « oh ! Ça mord, les anguiles ! »
Faitout : Marmite pour y cuire... tout, comme son nom l'indique.
Farouche :  le trèfle. « A'neu, j'hallons coper la farouche peur les vaches »
Fendour : petit outil en bois taillé avec trois lames en bois pour fendre en trois les gros vîmes* qui servent à attacher les sarments d'vigne*.
Feurmoger: vider le fumier des vaches de « l'écurie » avec la brouette et le déposer sur le tas de fumier. L'étable des vache est nommée écurie.
Par extension: « tu devrais t'feurmoger l'nez  mon drôle».
Fialer : brûler en dégageant beaucoup de chaleur et en faisant beaucoup de flammes. « Quand la maison du père Jules a brûlé, j'te dis qu'o fiâlait..».
Foûger : action du cochon qui fouille avec le groin. « tié'lé'gorets, y foûgeant toute la neu dans leu' jhaugue*...»
Fisson : le « fisson » est le dard de la guêpe ou du taban*. Evidemment, un coup de fisson fait mal !!!! C'est pourquoi l'expression a été étendue pour désigner la langue de certaines femmes : « Tielle là, a'l'a un d'tiélé fisson..... », c.a.d. Une mauvaise langue !!!!
Fourgouner : exemple: fourgounner dans le poêle ou les bûches de la cheminée à l'aide du tisonnier pour raviver le feu.
Fragne : un fragne,un frêne.« Un'bouillée*d'fragne »
Frairie: la fête au village. « Dimanche prochain o'lé la frairie à Lagrave ». Hélas, les frairies ont quasiment disparu.   
Français :    planter du français à la place des vieux plants hybrides, c'est planter des cépages nobles (merlot, cabernet, pressac...)
Frelasser : ou feurlasser. «O'feurlasse bien mon drôle,tieu bout d'carton qu't'as mis su'ta roue d'bicyclette !». Explication: quand j'étais gamin, on accrochait sur un fourche de la roue arrière du vélo un morceau de carton maintenu par une pince à linge en bois serrée sur la fourche. On obtenait ainsi un bruit de …. moteur (avec beaucoup d'imagination) mais à coup sur  un bruit infernal !!!!
Frét : froid. « Dépêche tu d'mangher tes monjhètes mon drôle, à z'allant être frètes !». « O' fait frét a'matin... ».
Fourgasser (voir aussi chafrouiller et fourgounner):« qui c'est'y qu'est v'nu fourgasser dans mes affaires ?»
Fumelle : femelle. La femme est souvent une fumelle,un suppôt de satan !!!!!« Ti'é lé fumelle, j'savions point par quel bout y faut les prendre...»

G

Galet : même mot qu'en français. Mais avec une utilisation intéressante : les enfants des fermes éloignées mettaient dans les poches de leur pèlerine deux galets chauds qui étaient demeurés toute la nuit sous les cendres de la cheminée. En allant à l'école, les gamins gardaient les mains dans les poches. Arrivés dans leur salle de classe, ils déposaient leurs galets sur le poêle et ne les reprenaient que le soir. Les malheureux enfants du bourg regardaient avec envie ces merveilleux galets...
Galoche : la galoche n'est peut-être pas un mot réservé au gabay, mais elle était suffisamment présente dans la vie des paysans pour qu'on lui fasse l'honneur d'une place ici.
Ganipote ; (f.s) en vérité on ne connaît pas grand chose de la ganipote et personne n'a jamais pu en prendre de photo. On pense que ce serait l'amoureuse du loup garou* et qu'elle aurait des liens avec la "vieille*" qui hante les puits profonds. Une chose est certaine, la ganipote semble aimer se délecter de la chair des enfants. A tout le moins elle les prend dans ses bras et même peut-être ses griffes et elle les enlève. Il semblerait tout de même qu'elle ait un goût particulier pour les enfants qui ne sont pas sages. Les enfants sages risquent beaucoup moins.
Gardour : réserve à poisson pour le pécheur au coup, en forme de té fabriqué avec du treillage*. « Passe moué don'l'gardour qu'j'y mette les calicobats ».
Gargotter : faire gargotter,lorsque l'eau bout et fait soulever le couvercle de la marmite. Faire bouillir (bouillasser*)au delà de toute limite raisonnable. Mais quelquefois il est aussi nécessaire de faire gargotter un certain temps, par exemple pour faire cuire les patates des cochons.
Gasse:   la gasse est un trou d'eau souvent dormante au milieu d'un pré ou d'une prairie.
Ceci me rappelle l'histoire d'un domestique qu'on avait envoyé de Troquereau à  St Mèr (St Médard) « peur aller charcher d'l'eau bénite chez l'curé d'St Mer» parce que la grand mère était arrivée à sa dernière extrémité. « Malureus'ment » à cette époque, la souberne* submergeait la route de Troquereau à St Mer . A cette époque, la route était au niveau de la prairie, depuis, lors de la reconstruction du nouveau pont, elle a été réhaussée. Ne voulant pas se mouiller les pieds, d'autant que l'Isle « tirait » pas mal et que le passage pouvait être « danjhureux », le domestique remplit la bouteille dans la gasse au bas de Troquereau, la gasse qui était elle même submergée par la souberne* !!!! On prodigua à la grand mère l'eau bénite, et ô miracle, la grand mère guérit !! Les enfants dirent alors: « O'lé sûrement l'eau bénite du curé d'St Mèr qu'a souvé la mémé ». « O'métoun'rait, répliqua  le domestique, o'l'était d'l'eau d'la gasse !! ».
Gassouiller : s'amuser dans l'eau, tripoter quelque chose dans l'eau. Il y a une idée d'eau sale ou d'eau dormante peu propre. « Tié'lé' drôles, y'z'étant teur'jou' à gassouiler dans l'ruisseau ». De tout ça, résulte un véritable « gassouillis » !!!
Gh'neuil: genou. «O m'étounerait si jhavions pas mal au gh'neuils d'sère*avec tout c'que jh'avons fait a'neu ».
Gesse,ghesse,jhesse :« les jhesses,o'lé des monjhettes piattes,que j'hen trouvons pû nulle part a'stour !».
Gnacquer : mordre.Une gnacquée.« T'ieu cul* d'cheun,y m'a gnacqué la guibolle !!». Origine occitane (« Eh les gars ! Si vous entrez sur le terrain de rugby sans avoir la gnaque, vous êtes foutus d'avance ! »
Gouillats : les jeunes gens. Même origine que « goujat », mais sans le côté péjoratif. « J'ai rencontré un gouillat sympa au bal de noce de la grande Mado. »
Goret : le cochon encore petit, qu'on élève dans le parc à cochons (prononcez : « paracochon »). En réalité la dénomination "goret" émigre souvent vers le cochon adulte.
Gousso : l'ail.
Grâler : sécher au soleil.« A's't'our l'foin deu ( doit) êt'grâlé,jhallons pouvouèr aller z'ou faner ».
Gratons : les gratons sont une charcuterie fabriquée lorsqu'on tue le cochon. Si je ne me rappelle pas de la recette (dans mon souvenir, ça ressemble à des rillettes), je sais au moins que c'est délicieux et qu'on ne trouve plus ça nulle part.  A l'ile de La Réunion, c'est de la Couenne de porc frite et dégraissée.
Grelet ou gueurlet: le grillon. "Tieu là,il'est gras coum un geurlet !!!"
Guérotte :  la guérotte est la teigne jaune et lisse que l'on trouvait au fond des crèches à vaches. On la mettait au pièges pour attrapper les merles, les moineaux, les bisses* . C'était tout un art de gamin de « tendre » les pièges !!!
Gueilles : des vêtements , mais pas très reluisants, souvent rapetassés. « Avec tes gueilles, on te croirait un peillarou ! »
Gueurnisse: ou grenisse : une grêle fine.
Gueurneuille:  la grenouille.
Guingaçon: le guingaçon est le clou de tapissier ou de sabotier à tête plate. Le sabotier s'en sert pour fixer la bride des galoches.

J

Jaller (ou j'haller) : l'été quand le chien a chaud et qu'il tire la langue pour mieux respirer, il jalle ! Les gabayeux, toujours prêts à la plaisanterie n'hésitent pas à transformer un peu le sens du mot : « Mais, dis donc, tout' les foué qu'tu la voué passé la Juliette, tu t'mets à j'haller... ».
Jarner (jh'arner): germer. Quand les patates z'avant jarné, o'lé grand temps peur les planter ! A condition « qu'o seye la boun saison ! »
Jh'au:   le coq. « Méfie toi d'tieu jh'au, y'l'est méchant ». Vieux dicton paysan : « Quand le jau chante sur le fumier, le temps change, ou reste comme il est. » Mot latin : « gallus », « gallo » en espagnol, « jau » en patois de Guyenne (à la fin de l'année, les jours augmentent lentement,  « per Nadau d'un pè de jau » (=   « pour Noël, d'un pied de coq », sauf que là, ça ne rime plus !)
Jh'augue :litière à vache constituée essentiellement d'ajoncs épineux. La jaugue se trouve dans les « bouê d'pinier, ô peurmet d'zou nétouéyer ». Couper la jh'augue au dail était un travail très dur et très ingrat. Mais cette opération permettait de maintenir les bois en bon état de propreté.
Joualle : La joualle est un système de culture associant plusieurs espèces végétales sur la même parcelle. Elle a été pratiquée en Aquitaine.
Il s'agissait de rangées de vigne à écartement variable, généralement de largeur permettant aux attelages de bœufs de passer, jusqu'à parfois 15 mètres. Des arbres fruitiers, "pêches de vigne" mais aussi cerisiers en Gironde, pruniers d'Ente dans le Lot-et-Garonne et le Périgord ou encore abricotiers sur les coteaux du Lot et de la Garonne étaient régulièrement implantés dans chaque rang. Les parcelles intercalaires étaient cultivées. Toutes sortes de cultures pouvaient s'y trouver: blé, fourrage, betteraves, pommes de terre ou tabac. Ce mode de culture préservait la biodiversité. Il a disparu en France au cours du XXe siècle. Il se retrouve encore aujourd'hui dans le Minho, région septentrionale du Portugal et concerne les appellations Minho (http://fr.wikipedia.org/wiki/Joualle).
Joute : ( avec un "ou" court) légume : la bette, avec laquelle on peut faire une excellente soupe de légume ou un bon plat avec les côtes à la sauce béchamel.

L


Lacasser : se baigner longtemps ou en faisant du bruit."Vous aut'es vous êtes t'i assez lacassé toute ti'el après midi les drôles ?"
Laga : la tique.
Lan : (orthographe et origine indéfinissable. Voir dans mes correspondance avec Freddy Bossy qui explique l'origine de ce mot) un lan est un poste de pêche sur la rivière."Tieu lan olé tieu là du père Lavigne,o'faut pas s'y mettre,y va t'engueuler".
Ce qui me rappelle une de mes mésaventures quand j'étais tout gamin. J'étais fâché parce que je ne pouvais pas aller pêcher sur le lan de Frappier, qui se trouvait sur la propriété de mes parents. Un comble !!! Tout de même.... J'étais donc allé m'y soulager d'un besoin naturel en forme de quille bien verticale que j'avais renforcé de deux bâtonnets afin que mon oeuvre d'art ne subisse pas trop rapidement les outrages du temps. Mon père , longeant la rivière, avait aperçu l'objet en question. Il m'avait demandé : « Qui c'est qui a été crotter sur le lan à Frappier ? ». Un peu pris de court, je m'en étais tout de même sorti à ma façon : « Oh, c'est la Folette !!! ». Folette était la chienne de chasse de mon père. Et je ne pensais plus que j'avais posé des renforts !!! « Ah bon, me dit mon père, et c'est la Folette qui a mis des petits bâtons pour que ça ne tombe pas ? ». J'étais pris au piège ! J'ai été condamné à prendre une pelle pour aller débarrasser le lan de Frappier de l'objet du délit ! Mais c'en n'est pas resté là.... j'ai trouvé un vieux grillage que j'ai jeté dans l'eau, juste devant le lan de Frappier !!! Ça au moins, ça ne se voyait pas ! Il a certainement dû y laisser quelques bas de ligne !!!!
Landiers : les chenêts de la cheminée.
Lanternu :  seuls les pêcheurs avertis connaissent le lanternu qui est un poisson extrêment difficile à pêcher. Le lanternu ne peut se pêcher dans les ruisseaux étroits comme le Courbarieu qui passait au bas de la maison familiale. Mais il ne se pêche que par les nuits noires et sans lune. Pour cela, il convient de connaître les moeurs du lanternu. On enseigne ses meurs aux enfants: "Dis m'eu mon drôle, t'as t'y déja pêché l'lanternu ? ". Evidemment, le "drole" en question ne connaît pas ce poisson. "Tu sais pas c'qu'olé l'lanternu ? L'lanternu, o'lé un poésson que s'pêche quand o'fé neu, pasque l'lanternu o'lé un poésson qu'a une lanterne au cul....". Ainsi bien renseigné, le drole pourra partir à la pêche en connaissance de cause. Mais c'est plus facile à dire qu'à faire, vu que dans cette nuit noire rôdent le loup garou, la ganipotte, la vieille et le ramponneau.... L'espèce Lanternu n'est donc pas menacée de surpêche et de disparition.
Latte :  une gaule, destinée par exemple à récolter les noix sur le noyer.
Et aussi les sarments de vigne  des cépages nobles qui nécessitent une taille longue; on attache les deux lattes d'un pied au fil de fer avec du vime.
Linguer : se faire linguer, se faire avoir.« Y'm'a lingué » , « j'me suis fait linguer...»
Loche : grosse limace rouge. Mon père tendait dans la rivière l'Isle, en dessous de chez nous à Froin, pas loin du débouché du ruisseau Le Courbarieu, des cordeaux équipés d'hameçons zéro ou double zéro, amorcés avec des loches. Les anguilles en étaient friandes. J'ai vu mon père sortir des anguilles grosses comme le bras, longues d'un mètre voire plus. On devine l'extension de sens quand « loche » désigne un appendice que possèdent les petits garçons, mais dont sont dépourvues les petites filles . 
Loup Garou : bien qu'on n'ait pas pu avoir de photo de lui, on connaît parfaitement le Loup Garou et ses habitudes: il hante les forêts pendant les nuits noires sans lune. Il cherche les enfants et on suppose qu'il doit les manger. Il existe une littérature importante sur le Loup Garou que l'on pourra consulter pour avoir plus de connaissances dans ce domaine. On suppose qu'il doit avoir des relations sentimentales avec la Ganipote* et qu'il connait certainement la "Vieille*" qui, comme chacun le sait, habite au fond des puits profonds.

M

Malhureux : « t'eu pauv' malhureux, i'l'en'a vu d'au misères.. ».
Marou : le marou, o'lé l'mâle d'la chatte qui fait « ..marrraaaouuu... »  pour l'appeler !!!!
Maton :  en gabay, le maton n'est pas celui qui règne dans les établissements pénitentiaires !! Le « maton » est le grumeau qu'on fait maladroitement en faisant la pâte à crèpe.
Monj'hette : haricot blanc. En pays coutrillon, on dit "monjette" tout simplement. En pays vendéen il me semble que c'est également ainsi. Ce sont les " 'harentais " qui y ajhoutent un "h" !!!! Sans doute pour faciliter la respiration !!!
Mouillasser : pleuvoir doucement.« O'mouillasse a'neu !»
Mouro(ou moureau): Un panier en grillage pour mettre sur le mufle des vaches ou des boeufs une fois attelés de façon à ce qu'ils ne puissent pas manger en cours de travail, ce qui dévierait leur trajectoire et retarderait leur démarche
Moussu : monsieur, en occitan. Souvent admiratif. « Fernand et sa femme Elise, c'est des moussus. Ils ont donné une grosse somme à Monsieur l'curé pour faire réparer l'orgue ! »
Musser : enfiler. « Musse don' ton gilet, t'auras moins frét' »

N


Nigeasser : tomber quelques flocons de neige. S'emploie aussi dans le sens de mouillasser*
Niger : ou nijer,se noyer. «Tu peux bouèr tout ton verre, tu vas pas t'niger d'dans va !!!» .
Nij'her : ou nijer, se noyer.variation de sens de « niger »: Pleuvoir: « O'l'a nij'hé à'neu ». Ou encore se noyer: « Y'l'a voulu prend' l'bateau pendant la souberne* et y's'est nij'hé en passant par dessus le déversoir* »
Nourrin: jeune cochon.

O

Oueille:   brebis. Du latin « ovis » qui donne en français ovin et ouailles (sans oublier aouillo en occitan.) Anecdote : Pendant la dernière guerre, un parisien réfugié à la campagne avait reçu mission d'aller chercher les oueilles. Il était revenu bredouille. Il a fallu lui expliquer qu'il ne s'agissait pas d'oies, mais de brebis.
Ouillette: l'ouillette est un entonnoir. Ce nom vient certainement du chai ou on « ouille » les barriques et les foudres de vin. Ouiller, c'est parfaire le remplissage avant de mettre la bonde pour fermer hermétiquement. Laquelle bonde est étanche grâce à la fameuse « gueille » de bonde !!! Qui n'est autre qu'un morceau de tissus (de drap ou de torchon).

P

Pailler : masculin singulier. (prononcer « paillée ») le pailler est gros empilement de bottes de paille (meule) en vue de leur conservation pour l'hiver. Il peut être intérieur ou extérieur. Bien fait,un pailler prend peu la pluie. Il y a aussi « l'pailler d'jhaugue* ».
Paillée : féminin. La « paillée » est la litière des vaches une fois qu'elle est étalée. « O va fallouèr' me r'faire tielle paillée a'neu ».
Passe partout:  le passe partout est une longue et large lame de scie (env. 2 mètres) terminée par une poignée de chaque bout. Elle se manipule à deux hommes pour couper les troncs et les grosses pièces de bois.
Pau (prononcer pa-ou), en périgordin : le bâton qui accompagne tout bon campagnard dans ses virées à travers bois ou prés. Mot venu tout droit du latin « palus » (voir empaller, supplice du pal).
Pau : (prononcer comme "peau") seconde signification en Gabay. C'est une pièce de bois etc... à terminer....
Peillarou : Un chiffonnier « Oh ! Tu vas tout de même pas aller à la messe avec une chemise toute rapetassée ? On va te prendre pour un peillarou ! »
Persec :  prononcer « pèrsé' » ou "peursé". Le persec est une catégorie de fruits qui ressemble à une pêche très dure. On l'appellait je crois « pêche des vendanges » car c'est à ce moment là que les persecs arrivaient à maturation. Je ne suis pas certain que le persec existe encore. (Chez moè, les « perchecs » étaient effectivement des pêches de vignes, petits fruits rabougris, bio avant l'heure car jamais traités,  qui ne payaient pas de mine mais qui avaient une saveur, mon ami... On trouvait même des pêchers çà et là au beau milieu des rangs de vignes. Pas besoin de peler les perchecs, mais il fallait être prudent et les ouvrir avec les doigts, au cas où une guêpe se serait trouvée à l'intérieur.)
Piauler : un poussin qui appelle sa mère poule, piaule. « Ecoute le don' piauler, l'a du perdre sa mère ».Se dit aussi de quelqu'un qui n'arrive plus à parler suite par exemple à une extinction de voix: « Il a tellement gueulé à tieu mariage et pendant l'tourin,que maintenant il arrive pus à piauler.»
Piballe : les piballes sont les bébés anguilles grosses comme des aiguilles à coudre ou à tricoter. Je me rappelle avoir vu mon père les ramasser au barrage de Camps. Il était descendu devant les pelles, à l'endroit bétonné. Les piballes grimpaient le long des murs comme des escargots  pour remonter le barrage, mon père les râclait avec une boîte de biscuits et les reversait dans un sac de jute. Je devais avoir 3 ou 4 ans. J'étais très impressionné par la masse de piballes. Ma mère les avait fait frire à l'huile dans la poële sur le feu de cheminée, c'était un délice. Maintenant il est interdit de pêcher les piballes, car c'était devenu un commerce destructif.
Pigaille : les pigailles désignent des tâches de rousseur sur le visage. Quand j'étais petit on m'appelait souvent "pigaillousse".Comme si c'était ma faute !
Pinière : un bois de pins, équivalent du provençal « pinède » qui est passé dans le français courant.
Piot :  le « piot » est le dindon. La « piote » est sa femelle.
Piquette : pendant les vendanges, lorsqu'on avait fait fermenter le jus de raisins dans la cuve,on soutirait la cuve et ensuite on remettait de l'eau sur le marc (la rafle). Le résultat était de la piquette. Ca ne risquait guère saouler son homme ! Mais c'était bon. On ne fait plus de piquette.
Ceci me ramène à des anecdotes d'école primaire, à Porchères. Lorsqu'on jouait « au gendarme et au voleur » on prenait des surnoms. Le plus fort physiquement imposait son surnom,aujourd'hui on dirait son pseudo. Il décidait de s'appeler "Robinet d'piquette"!!!! Et il désignait aussi son meilleur copain qui s'appelait invariablement "Jambonneau"!!!!! Cherchez donc à comprendre pourquoi ….. !!!!
Piron: le jars, le mâle de l'oie. J'avais toujours peur des pirons des vieux Marty qui se baladaient en liberté sur la route, lorsque je revenais de l'école parce qu'il me couraient après en criant, voulant me mordre les mollets !!! Je m'élançais bien avant et je me préparais à leur donner des coups de pieds. Mais les pirons de Marty n'ont jamais réussi à me pincer les mollets !!
Plumail:   chez nous, il n'y avait pas de balayette pour nettoyer la "plaque" de la cheminée. Ma mère se servait d'un plumail, qui est une aile de volaille, de poule généralement qui a été séchée avec toutes ses plumes. Que l'on se rassure, on ne séchait pas la poule, on la mangeait !!!
Poiron :  les poirons étaient de délicieuses petites poires portées par le « poironnier » qui est un petit poirier. Je ne suis pas certain que cet arbre n'ait pas disparu.
Poreau: poreau, poreaud, porau : un poireaud
Pour : peur."j'havons bien pour qu'tieu beau temps, o' va pas durer ...". « J'havions oyu pour »: nous avons eu peur. « O'yu » : passé simple pas si simple !
Pue: le brin de la fourche. « Passe moué don' tielle fourche à quatre pues »
Pupu:  la pupu est la huppe. ( "hupupa" en bas-latin  (LD))

Q


Queute : cuite .« Alors la mère,t'iellés monjhettes*son-t-y queutes?»
Queusine : la cuisine. « Appourte moué dont tielle chaise à sa place dans la queusinne ». « Alors la vieille, tu vas t'y nous faire la queusinne ? »
Quitte-timbre : désemparé (sens à vérifier). « Je me suis retrouvée quitte-timbre ! ce dit la Jeanne. » (certainement "comme timbré" car "quitte" signifie souvent "comme"...
Queusir:   cuire.
Quinquets :  les yeux. « J'te dis qu'i l'ouvrait les quinquets l'drôle quant'i l'a vu l'père Noël !!! ».
Qu'oque : quelques.« Jh'avons ramassé qu'oque champignons ».

R

Raballer : trainer par terre. « T'as vu tielle là,à z'avant le r'meuil*qu'raballant par terre !! ». Une raballée: une quantité inhabituelle.« O'l'a tombé un bouillard*...jh'en avons ramassé un' d'tiélé raballée...».
Rabe :  une rave.
Racasser : faire un bruit,plutôt génant et fort.« O'y'a fait une orage, j'te dis qu'o racassait un peu les éclairs !!!»
Ragasse: personne qui répète toujours les mêmes histoires. « Tielle boun'femme, o'lé un'vieille ragasse !! »
Ramponneau :  je ne suis pas certain que le "ramponneau" fréquente toutes les contrées des pays gabaï. Ce qui est certain, c'est qu'on a entendu parler de lui en région Coutrionne. Cependant, ce doit être un être extrêmement secret, car  il semble qu'on ait peu de renseignements sur lui. Il est peut-être de la famille de la vieille ou du loup-garou, voire de celle de la ganipotte. Il semblerait que le ramponneau fréquente lui aussi les fonds de puits obscurs. Le ramponneau serait-il l'ami de la vieille ? La question reste à ce jour sans réponse....
Rancher : prononcer "ranché". Partie de la charette à boeufs. Les ranchés sont les ridelles sur chaque côté de la charette. Devent et derrière, il y a les "pau*" qui sont deux parties en bois enfilées dans des ..... Les ranchés et les pau sont destinés à retenir le chargement de foin.
Rapetasser:  racommoder tant bien que mal, très grossièrement.
Rapiat : radin.Un rapiat « O'lé qu'uoq'd'un qu'o faut pas y d'mander d'vous prêter d'l'argent.»
Ravenelles : plantes qui envahissent les règes. On les cueuillait au couteau pour nourrir les lapins.
Règes : le sillon médian entre les rangs de vignes chaussés.
Remeuil : le pis de la vache. Sujet à des plaisanteries bien grasses !!! « La mère Rapiette a'l'a un r'meuil qu'est plus gros qu'cl'ui d'nout Blanchette. E'doit bien dounner au moins quinze lit'tous les souèr'. Si à t'l'met su'l'nez son r'meuil,o'va te boucher les z'yeux,tu verras même pus l'bout d'tes croquenots !!!». « Ah,mais, si à m'le mets su'les z'yeux, à'm'laissera quand même les mains pour li soulever son r'meuil !!!»
Rester : Demeurer, habiter. « Où elle restait, la Marie-Sans-Souliers ? – A Fonrazade, en-dessous du pont ».
Reun':  rien. «  A vaut reun tiel vache, j'pouvons y met' les enferges* ou le talbot*, a' lève teurj'hou' l'cul !!! ». Une vache qui lève le cul, c'est une vache difficile à maîtriser, qui court en balançant le derrière de droite à gauche en bondissant. Reun est aussi abrégé "reu".
Rollons : les rollons sont les barreaux d'une échelle. Les échelles étaient de fabrication locale, rarement achetées car trop chères. Les barreaux étaient faits avec des morceaux de bois ronds, ce qui explique leur nom.
Roumer : maugréer, ronchonner. « Quand je vire la chatte de mes genoux, elle roume, pour bien montrer qu'elle est pas d'accord. »

S

Serin : l'air de plus en plus frais quand le soir tombe.
Siler (ou ciler ?): crier de façon très aigue.«A m'énerve tielle drôle à teurj'ou ciler d'même !!!»
Siner :  sentir. Se dit surtout du chien qui "sine". "Sors tu don' d'la Taïaut, t'as siné la marmitte, mais o'lé pas peur toué mon vieux! J'te donnerons les osses"
Souberne: la crue de la rivière ou du ruisseau. A Froin, on avait droit à la souberne tous les printemps. Elle submergeait les prés et la prairie, c'était superbe et magique.

T

Taban : un gros taon. Quand on allait garder les vaches  à la prairie pendant les grandes vacances, les tabans venaient sucer le sang des animaux. Très occupés à leur forfait, on les attrapaient sans difficulté. Notre grand amusement était de leur enfiler une longue herbe dans le derrière et de les regarder s'envoler et disparaître de notre vue avec le brin d'herbe trainant derrière... Mot resté très près du latin « tabanus »; « tàbano » en espagnol.
Talbot: morceau de bois fixé au cou de la vache à l'aide d'un collier de chaînes,qui balance devant ses pattes antérieures et lui cogne les genoux (les jh'neuils) si elle marche trop vite ou veut sauter par dessus la clôture.Certains animaux pour être maîtrisés nécessitent non seulement le talbot mais
aussi les enferges*.
Tarabater ou rabâter: faire un bruit régulier et gênant.« T'arrive pas dourmir la Marie ?O'lé tieu volet qu'tarrabate (rabâte)dans l'gueurnier...Dis donc...pisqu'j'dormions pas,j'pourrions p'têt occuper l'temps ,tu croué pas ?».« Ol'a rabatté tiél orage à'neu ».
Teur'jhou : toujours.
Tieu,tielle,t'eu,t'elle : celui-ci,celle-ci.« Tieu beu' (boeuf) y'l'é feignant l'fi d'garce....j'harrivons pas à z'y faire tirer tielle charrue ».
Tignousse : une personne pas facille à vivre, qui se défend, un peu exagérément, qui s'énerve facilement. De teigne ((LD)).
Tourin:   le tourin est .... (à terminer)... Une bonne soupe à l'oignon qui trouve un regain de vigueur en Périgord; une longue soirée d'agapes se termine souvent par un tourin. Mieux, une bande d'amis va aller réveiller un couple qu'on veut honorer (ou taquiner) et lui apporter le tourin. Autrefois, les jerunes mariés y avaient obligatoirement droit au petit matin de leur nuit de noce, juste avant que les invités ne décident d'aller se coucher à leur tour; le fin du fin consistait à servir aux tourtereaux le tourin dans un … pot de chambre (peut-être à cause de la couleur de la soupe ?)
Tramail:  filet de pêche qu'on tendait entre les deux rives d'un ruisseau au moment de la crue pour prendre les « mulards ». Mon père tendait le tramail au  pont du ruisseau le Courbarieu, lorsqu'il débouche dans l'Isle. La famille se régalait de fritures de mulards.
Trapanelle:   vieille voiture usagée qui fait du bruit. Par association tout objet ou mécanique passée de mode ou dépassée. Expression récente.
Treillage : le grillage.« o'lé d'au grillage à poule. Avec le treillage j'en faisons des bourgnes*,et pis aussi des gardours*»
Trignaucher : trier de façon méfiante;"Olé pas la peine qu'tu trignauche coum'celà dans toun assiette mon drôle, tu peux tout z'y manger, jh'tavons pas fait d'la beurnée*".
Tro': (phonétiquement:« Treau »). Terme hermétique pour un non gabayeux !!! Quasiment inexplicable, sinon par un mot que m'interdisaient mes parents !!! «C'tro'd'poulet, y manghe tous les raisins dans les rangs d'vigne ». On pourrait dire :« Ce putain d'poulet...»!!!!!! mais je n'ai pas le droit de le dire, « j'prendrais une baffe !! » .En tout cas, le terme reflète la mauvaise qualité,la mauvaise volonté, le mauvais esprit....Peut être utilisé pour qualifier tout ce qu'on n'apprécie pas ou peu,ou ce qui gêne.« C'tro d'bout d'bois y m'a fait casser la goule ».
Trouver à dire : manquer. « Vous ne revenez que pour les prochaines grandes vacances ? Eh Bé, on va vous trouver à dire ! » (= vous allez nous manquer.)
Trumeau :  un « trumeau » est généralement vieux ! C'est un « vieux trumeau » : « Telle boun femme, vou'z'autre parlez d'une vieux trumeau... ». Une vieille garce, une emmerdeuse bornée.
Tu: toi dans l'expresion (exemple) « Pousses tu d'ma place.. »


V

Ventrèche : du lard. « Un bout de ventrèche (rance) dans la soupe de pois, y a pas à dire, o' doun' du goût. »
Verrassée:  boire une verrassée: boire avec exagération.
Vezouner : «Tieu taban que m'vezounne aux oreilles,y'coummence à m'faire zire* !!!...»
Vieille :  (f.s.) la vieille est un être dont on n'a jamais vu que le bras et la main griffue. La vieille hante les fonds des puits noirs et profonds. Si un enfant s'approche de la margelle et se penche par dessus pour regarder au fond du puits, la Vieille tend son bras qui est peut être poilu, mais en tout cas sa main est griffue et elle aggrippe l'enfant et l'amène avec elle dans les tréfonds du puits. On n'a jamais vu revenir un enfant attrapé par la vieille, on ne sait pas ce qu'ils deviennent. On pense, mais sans véritable preuve, qu'elle partagerait son butin avec la Ganipote* et peut-être le Loup Garou*.
Vîme : l'osier qui était utilisé à relever la vigne ou à faire des liens pour les sarments ou les fagots. ("vimen" en latin, "vimbre" en espagnol), pour attacher la vigne ou cingler les fesses des gamins.

Z

ziaux : ou zio .Eux.« Ol'é ziaux qu'avant copé tielle jharouille de châgne*»
zire :  embêter, énerver, emmerder !!! "Y c'mmence à m'faire zire tieu la".


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(C) J.P. DOUHAIT.