Carlos, camping-car carrosserie et mécanique
Le camping-car, c'est super pour les vacances. Par contre,
lorsqu'on a besoin de passer au garage et qu'on n'a pas beaucoup d'oursins dans la poche
(comme c'est mon cas), il se pose un sérieux
problème.........
Mon Laïka Ecovip2 commençait à rencontrer quelques
légers problèmes d'oxydation des ailes. Le
précédent propriétaire avait eu des fuites de
batteries comme d'autres ont des fuites urinaires. Evidemment, avant
que je m'en aperçoive, tout celà lui
était tombé sur les ailes et descendu dans le calebar par l'intérieur.
C'est comme la vieillesse et la panne de la zigounette, d'après ce qu'on m'a dit, au moment ou on
s'aperçoit des dégats, il paraît qu'il est déjà trop
tard.
(NDLA: comme j'ai sur les forums camping-car des "bons" copains prêts à toutes
les ignominies, je préfère prendre les devants.... [c'est
pas pour toi Carlos, mais je dois t'avouer que je fréquente
des....ignobles infréquentables] )
En tout cas, ça a été comme ça sur mon camping-car.
Profitant d'un passage chez mon carrossier pour une petite
intervention, je lui avais demandé de maîtriser ceci.
D'après lui, ça ne posait pas de problème. Il m'a
fait ça pour un prix "modique" ( toujours selon lui) , à condition que
je paye en espèces......
Ce goujat s'est contenté de mettre du mastic, de passer un coup
de peinture de maquillage et vogue la galère. Une semaine après il
fermait sa boutique pour prendre sa retraite. Quand je me suis
aperçu de la supercherie, il était
largement trop tard.
Un devis chez un de ses ex-confrère m'a assis. Changement des
deux ailes, rien de plus, facture: 2700 euros, une paille, mais une
grosse de quoi m'y mettre sur la paille !!!! 
Et c'était pas tout: j'avais largement et outrageusement
outrepassé les limites et la
bonne volonté de la courroie de distribution. De plus les
courroies
d'alternateur et de pompe à eau, affectées par une arthrose évidente, commençaient à
demander bruyamment la retraite. A chaque démarrage elles se
plaignaient des heures supplémentaires. Autant dire que, sauf
mesures
très rapides, les ennuis allaient frapper à la
portière. Des vieux qui claquent leur pipe sans crier gare,
ça se voit tous les jours. Alors les courroies y ont bien droit
aussi.
Caisse vide, que faire ?
Heureusement, dans mes quelques relations de qualité, il y a mon
copain Carlos qui ne me semble
pas tout à fait un débutant en mécanique. En plus
j'aime bien la fréquentation des jeunes, ça me change de
quelques vieux croûtons qui me harcèlent sans cesse.
Serait-il capable de m'aider à faire un peu de résine
pour réparer les ailes de mon engin ? Il m'assure que oui. Pour
la distrib, ça ne lui pose pas de problème, il a
l'habitude.
Relaxe, Max. Donc un vendredi soir , après 500 bornes, je recule
mon engin dans la cour de Carlos. Je comprend de suite qu'il n'est
effectivement pas un débutant. Trône là une BMW 6
cylindres dont il vient de changer la culasse et refaire la distrib.
S'il est capable de faire ça, je ne risque pas grand chose avec
mon Ford Transit.
Je fais aussi la connaissance de sa "fritomobile" ainsi qu'il
l'appelle. Une R 25, qui, non seulement
roule à 100% d'huile de friture, mais en plus il a
fabriqué un système qui permet de carburer avec un
mélange de vapeur d'eau le tout amélioré par un
système de brassage de
l'air dans l'admission (me rappelle plus comment il appelle ça),
ce qui, m'explique-t-il, permet d'abaisser la
consommation. Au lieu de 10 douzaines de sardines à l'huile au
100, il n'en consomme plus que 8 ou 9. Ben oui, ça sent un peu
la sardine, mais c'est largement moins dégueulasse que l'odeur
de gasoil. Et il faut aussi savoir que le carbone dégagé
par la combustion d'huile à frites est recyclé par les
plantes. Celui dégagé par le gasoil est recyclé
par ..... nos poumons.
Un de ces jours, je vais faire un sujet sur ses bricolages, s'il est
d'accord. Précision: Carlos n'est pas mécanicien, il est
électricien !
Il ne faut quand même pas que j'oublie de vous dire que Carlos
est d'origine Portuguaise.Donc l'odeur de sardine lui rappelle la
mère patrie. Ceci explique celà. Moi je vote pour la
fritomobile, je l'ai reniflée, j'ai apprécié,
ça me met en appétit, on a l'impression qu'il y a un
barbecue dans le quartier.
Seul problème sur mon camping-car, il y a une condition non
remplie. Pour rouler à l'huile de friture, il faut une pompe
Bosch. Et la mienne c'est pas une Bosch et je risque les ennuis.
Dommage, je devrai donc m'abstenir pour la friture....
Je suis donc arrivé le vendredi soir. On n'a pas
résisté à l'appel de la
mécanique, le samedi matin, l'avant était
déjà
dépouillé de la calandre, des courroies, des phares, des
batteries, du radiateur, etc. Seule la partie basse de la jupe nous a
donné de la ferraille à retordre. Deux des vis de
fixation étaient bloquées par l'oxydation.
.... et les surprises étaient de taille. C'est pas de 2 ou 3
boursouflures qu'étaient atteintes les ailes sous le mastic et
la peinture de mon salopard de carrossier, mais d'une véritable
et totale détérioration.
La tôle étant complètement en dentelle, les vis
étaient bloquées. On a arraché une partie de la
tôle pour extraire la jupe.

Photo de gauche: Carlos au travail. La partie basse de la jupe
n'était pas encore démontée. On cherchait une
solution.
Sur la photo de droite, on a tout simplement arraché la jupe
(portant la plaque d'immatriculation) de la dentelle de tôle. La
tôle rouillée a été découpée
sur les deux ailes et remplacée par une patte fabriquée
maison par Carlos, afin de soutenir la jupe portant la plaque
d'immatriculation..
A ce stade, on a laissé provisoirement de côté la
rouille pour s'attaquer d'abord à la courroie de
distribution. Pas forcémment
évident à démonter, mais l'expérience de
Carlos est venue à bout avec brio des difficultés de
démontage. Il y avait en particulier le carter en plastique de
protection de la courroie qui posait un problème pour
l'extraire. Ce que je n'aurais pas sû faire seul, Carlos en est
venu à bout en deux temps trois mouvements.
Extraire la courroie n'est pas un
problème, mais encore faut-il connaître le réglage
pour le calage afin de ne pas faire passer les soupapes à
travers le capot au premier coup de démarreur. Il y a deux piges à respecter. Les
repères sont marqués avec des traits de peinture.
Remontage illico de la courroie neuve , sans oublier de changer
également le galet tendeur. Quelques tours de moteur avec une
clef de 24 en bout de l'arbre pour vérifier que les soupapes ne
vont pas faire la rencontre des pistons, échange des courroies
d'alternateur et de pompe à eau par des neuves. Remontage
provisoire du radiateur, le samedi midi le berlingot tournait comme un
neuf.
Carlos a offert un bon Porto pour fêter
l'évènement. Bien entendu j'ai jugé que ça
se justifiait. Quoique je n'ai pas fait grand chose pour ça !!!!!
Remarque: la courroie de distribution était encore en excellent
état, elle aurait certainement pu encore faire pas mal de
kilomètres, mais il est inutile de tenter le diable. On doit
normalement l'échanger tous les 80 000 km ou tous les 5 ans.
Tout me laisse supposer qu'elle avait certainement 110 000 km et.....
peut-être, va savoir.... 14 ans .... J'ai acheté mon engin
à un menteur, ça me permet de supposer qu'il a dû
me mentir sur ça aussi.
Par contre
les deux autres courroies étaient craquelées et
complètement mortes. Elles avaient d'ailleurs été
retendues au maximum des possibilités des glissières
prévues à cet effet.
Sur la photo ci-dessus, on voit, derrière les pales du
ventilateur, le carter en plastique de protection de la courroie de
distribution. Assez difficile à extraire car la
place est très juste. Pour le reste , c'est simple. Encore
faut-il savoir faire.
Le plus dur n'a pas été la mécanique, mais les
trous dans les ailes !!! On voit ci dessus Carlos attaquant le
désastre des ailes......
Avant de commencer, il avait fait un nettoyage complet des coulures de
batteries de chaque côté, puisque sur l'Ecovip, il y a une
batterie de chaque côté du moteur, batterie porteur de
face à gauche et batterie cellule, à droite. Pour
l'anecdote, on a même déniché des noyaux de cerises
qu'un écureuil a dû venir manger sur les pipes
d'échappement pendant l'hiver !!!

Morte la tôle, mangée par l'acide. Il a supprimé la dentelle de tôle que l'on voit sur cette
photo. Comme je l'ai expliqué, il a confectionné une
patte (j'ai oublié de la photographier) pour servir de support
à la jupe en plastique, à la place de la tôle
enlevée.
Toutes les parties oxydées ont été traitées
au produit inhibiteur de
rouille. C'est rapide, pratique et efficace. Il suffit de gratter les
parties friables sans chercher à trouver le métal
brillant. Ensuite
j'ai passé une première couche au pinceau, une heure
après une seconde
couche. Ca noircit et on peut aussitôt passer un coup
d'apprêt. J'ai aussi beurré au blackson tout
ce qui était à l'intérieur de l'aile.
Non, non, là, il ne préparait pas la peinture, il
faisait cuire les merguez. Ca c'était le samedi soir. Il nous a
fait un barbecue. On peut remarquer comme il est sérieux.
Au fait, que je présente la belle
Joëlle, sa copine. Elle attendait que les merguez soient
cuites.... Elle avait rassemblé suffisamment de liquide au cas
ou le barbecue prendrait feu.....

Heu, là..... ben faudra pas montrer ça
à Carlos, c'est Joëlle qui me fait une bise pendant que Carlos tourne le dos. Allez donc
savoir pourquoi..... j'en suis resté tout baba ............
Le dimanche matin (et les jours suivants) , le canard était toujours vivant........ alors on s'est remis au travail.

Surtout Carlos ! Il a fallu reconstituer le volume de l'aile. Carlos a fait ça
avec de la choucroute et
du mat de verre. Bien sûr, il y a une astuce: il avait fait
un moule pour reconstituer le volume du bas de l'aile !!!! Un moule en
alu !!!! Je vous ai dit, Carlos, c'est un artiste débrouillard.
Par moment, je me demande même s'il y aurait pas un peu de sang africain chez lui !!!
On aperçoit la toile de mat de verre blanc. Il a même pris la
précaution de le coller assez haut à l'intérieur et de le
redescendre pour le remonter à l'extérieur. Bon si vous
n'avez pas compris, je n'y peux rien, fallait venir.
Dans le compartiment moteur il y avait des panneaux de mousse
supposés servir d'isolant phonique. Je n'ai laissé que
celui qui se trouve à la verticale derrière le tableau de
bord. J'ai arraché tout le reste qui s'avère ne servir
à rien et j'ai passé de l'inhibiteur de rouille partout ou
c'était nécessaire. En fait ces panneaux qui reposent sur
les longerons retiennent surtout l'humidité et les fuites
d'acide. Après l'inhibiteur,
j'ai passé un coup d'apprêt blanc.
Pendant ce temps là, Carlos ébarbait ......
Dans le fond, on aperçoit un
véhicule militaire qu'il a rénové. Pour promener
Joëlle le dimanche, à l'air libre, à l'arrière sur le
plateau !!!!

Un peu de mastic, quelques coups de
papier de verre fin à l'eau, ça commence à
ressembler à quelque chose.
Quelques journaux pour la protection et une couche d'apprêt.
et après l'apprêt , début de la peinture... lure.

... une couche, deux couches, après 10 minutes de séchage, un coup de verni, et le tour est joué.
Il ne restait plus qu'à visser les pattes pour reposer le bas de
la jupe. Ce qui fut fait et bien fait. Par la même occasion
Carlos a fait une petite réparation sur une oxydation
débutant sur chaque porte de la cabine de conduite.

Et voilà le résultat. Ce qu'on voit d'oxydation sur le
rebord supérieur de la jupe du bas est indélébile,
ce sont les coulures de rouille de cet hiver. Pour le reste c'est
impeccable. La différence de ton est voulue. Il était
quasiemment impossible de trouver le même ton, j'ai donc
préféré trancher. Quoique finalement ça ne
se voit que si on le sait.
Les fournitures: dans l'ordre
d'utilisation: la brosse à décaper à l'huile
de coude, le Loctite neutralisateur de rouille, le mastic à base
de fibre de verre, le mastic classique de finition (absent, pot vide),
la peinture blanche d'apprêt, la peinture des ailes, la peinture
blanche de raccord sur les portes, le vernis incolore et le gourdon
caoutchouteux genre blackson. Il manque le mat de verre et la
choucroute.
Le samedi suivant, Carlos partait en vacances, repos bien mérité. Et moi je prenais la route
pour rentrer au bercail.
L'est pas beau le travail de Carlos ? Il est nettement mieux que celui de mon @@****!!!

???**** de carrossier à la retraite.
Allez Carlos, pour moi ça sera un p'tit Porto !!!! Et au fait: bonnes vacances veinard !!!!
PS: Carlos, tu as déjà les félicitations des connaisseurs :
http://voyagesdetontonjef.easyforum.fr/vos-experiences-f2/ca-y-est-j-ai-refait-les-ailes-et-la-distrib-de-mon-laika-t907.htm

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